Etaskwaak – Opitciwan

Communiqué du Conseil des Atikamekw d’Opitciwan (1er mai 2017)

Le Conseil des Atikamekw d’Opitciwan s’associe à la Chaire en paysage et environnement de l’Université de Montréal pour le développement du projet de recherche E ITASKWEAK portant sur les transformations du territoire et sur les paysages d’Opitciwan appréciés à travers l’histoire et les générations d’aujourd’hui.  Le projet E ITASKWEAK appelle à révéler la mémoire du territoire d’Opitciwan, mais aussi à le redécouvrir sous de nouveaux angles. Une fois à terme, il permettrait la réalisation d’outils destinés principalement à l’éducation des jeunes générations et à la mise en valeur de la culture de la communauté. Il donnerait lieu particulièrement à la publication d’un atlas spatio-temporel relatant les transformations du territoire depuis les origines, en passant par les effets de l’inondation suite à la construction du barrage Gouin jusqu’aux paysages d’aujourd’hui que les Atikamekw d’Opitciwan apprécient. La recherche comprendrait différentes activités de participation, de réflexion, de partage et d’analyses.

À Opitciwan, le projet est dirigé par le secteur de l’Éducation : Gerthie Chachai, directrice, en collaboration avec Véronique Chachai, technolinguiste, Noella Chachai, agente au développement culturel. Anne Ardouin, est chargée de projet et Gérald Domon, professeur titulaire et directeur scientifique associé à la Chaire en paysage et environnement de l’Université de Montréal agit comme responsable scientifique.

Comme le soulignait Jacquot Chachai dans le documentaire Awacak en 1997 en s’adressant à des adolescents :

«C’est bien l’enseignement des Blancs, d’aller à l’école, de trouver un emploi, mais cela ne suffira pas, il faut que vous connaissiez votre territoire, pour que vous puissiez survivre plus tard.»

Ainsi, s’il apparaît que les rapports au territoire se sont transformés chez les Atikamekw d’Opitciwan, le territoire lui-même a été soumis à d’importants ravages. Comment les plus jeunes se retrouvent-ils dans tout cela? Qu’est-ce que les adolescents connaissent de l’histoire du territoire ? Comment inventent-ils les outils pour affirmer leur identité en lien avec les lieux? Il importe donc de mettre à jour ces transformations pour non seulement appréhender ce que sera «le territoire de demain» mais aussi pour voir si celui-ci pourra supporter les attentes, les valorisations de l’identité culturelle atikamekw. Comment s’assurer que les aménagements correspondent à la fois aux caractéristiques du territoire et aux valorisations des gens qui l’habitent? Comment les traditions atikamekw reliées au territoire peuvent-elles se perpétuer à notre époque contemporaine? Les éléments de réponses à ces questions pourraient servir de base à des projets de mise en valeur du territoire, des projets touristiques, économiques, environnementaux tout comme pour des projets éducatifs et culturels.

À propos de la Chaire en paysage et environnement de l’Université de Montréal (CPEUM)

La Chaire en paysage et environnement de l’Université de Montréal (CPEUM) a pour mission le développement de connaissances et de moyens d’intervention dans les domaines du paysage et de l’environnement. A travers ses trois modules (Infrastructures et paysage; Urbanisation et paysage, Ruralité et paysage) elle privilégie une recherche action menée en collaboration étroite avec ses partenaires. Parallèlement à ses activités en recherche elle est aussi fortement engagée dans l’enseignement et la formation d’une relève scientifique de haut niveau.

PROJET E ITASKWEAK – RÉVÉLER LA MÉMOIRE – REDÉCOUVRIR LE TERRITOIRE D’OPITCIWAN

Communications scientifiques liées au projet:

 

Ardouin, A., Chachai, N., Domon, G., Petiquay, J. (2018). «Otenaw Opitciwan, e ici wapatakik ka ocki matisitcik»  – «Le village d’Opitciwan vu par les adolescents» comme une île urbaine au centre de l’immensité de la forêt.» Conférence lors du colloque Les aspects territoriaux des vécus et trajectoires des jeunes,  organisé par l’Observatoire Jeunes et Société (OJS), la Chaire du Canada en innovation sociale et développement des territoires (ISDéT) et le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), congrès de l’ACFAS, Université du Québec à Chicoutimi, mai.

Ardouin, A., Chachai, N., Domon, G., Petiquay, J. (2018). «E itaskweak – révéler la mémoire – redécouvrir le territoire d’Opitciwan : défis de l’élaboration d’une recherche participative.» Conférence lors du colloque Les (re)configurations actuelles des relations collaboratives : réalités, enjeux et préoccupations des acteurs de la recherche en milieux autochtones, congrès de l’ACFAS, Université du Québec à Chicoutimi, mai.

Ardouin, A., Chachai, N., Domon, G., Petiquay, J. (2018). «E itaskweak – révéler la mémoire – redécouvrir le territoire d’Opitciwan : balises d’un projet de réconciliation et d’éducation.» Conférence lors du  Colloque POUR UNE RÉELLE RÉCONCILIATION / Colloque annuel CIÉRA – Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones – Université Laval, Musée de la Civilisation, Québec, avril.

Powerpoint disponible sur le site du CIÉRA: https://www.ciera.ulaval.ca/sites/ciera.ulaval.ca/files/conseil_des_atikamekw_opitciwan_etaskwaak_ciera.pdf

 Ardouin, A (2017). Le village comme île urbaine chez les jeunes Atikamekw : lieu d’expression des rêves. Conférence présentée lors du Colloque « JE SUIS ÎLE / I AM TURTLE » Quelle(s) place(s) pour les représentations artistiques, culturelles et identitaires autochtones dans l’espace urbain ? / What Spaces are there for the Representation of Indigenous Artistic and Cultural Expressions in the City?, Université de Montréal, octobre.

Ardouin, A., Domon, G., Chachai, G. (2017). Frontières immatérielles et matérielles à travers le temps et l’espace chez les jeunes Atikamekw par une approche de recherche culturelle et participative. Conférence présentée lors du Colloque «Au-delà des frontières : Pensées et mobilités autochtones dans un monde en conflit», à l’Institut des sciences sociales et humaines, Benemérita Universidad Autónoma de Puebla (BUAP) Puebla, Mexique, juin.